Protéger les salariés contre les fortes chaleurs : une obligation de prévention
Les épisodes de chaleur intense peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé des travailleurs. Fatigue, déshydratation, vertiges, crampes ou malaises constituent autant de risques susceptibles d’altérer les conditions de travail et de provoquer des accidents parfois graves.
Afin de garantir la sécurité des équipes, les employeurs doivent évaluer les risques liés aux fortes chaleurs au travail, qu’il s’agisse d’activités exercées en intérieur ou en extérieur. Cette évaluation doit être intégrée au document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et s’accompagner de mesures adaptées à la situation de l’entreprise.
Quelles mesures mettre en place pour protéger les salariés contre les fortes chaleurs ?
Pour limiter les risques liés aux épisodes de canicule ou de chaleur intense, plusieurs actions de prévention peuvent être déployées.
L’employeur peut notamment :
- mettre en place des méthodes de travail limitant l’exposition à la chaleur ;
- réorganiser les espaces et les postes de travail ;
- adapter les horaires afin de réduire la durée et l’intensité de l’exposition ;
- prévoir des temps de pause supplémentaires lorsque les conditions le nécessitent ;
- installer des équipements permettant de limiter l’accumulation de chaleur ou le rayonnement solaire (stores, zones ombragées, ventilateurs, climatiseurs…) ;
- sélectionner des équipements de travail adaptés afin de maintenir une température corporelle stable ;
- fournir des équipements de protection individuelle appropriés, tels que des vêtements respirants, des couvre-chefs ou des lunettes de protection ;
- former et informer les salariés sur les risques liés aux fortes températures ainsi que sur les comportements à adopter en cas de malaise.
Fortes chaleurs au travail : quelles sont les obligations concernant l’eau potable ?
Lorsqu’un épisode de chaleur intense survient, l’employeur doit mettre à disposition une quantité suffisante d’eau potable fraîche.
Il doit également prévoir un dispositif permettant de conserver cette eau à une température adaptée tout au long de la journée, à proximité des postes de travail. Cette obligation revêt une importance particulière pour les salariés exerçant leurs missions en extérieur.
Comment protéger les salariés les plus vulnérables ?
Certaines catégories de travailleurs nécessitent une vigilance renforcée en raison de leur âge, de leur état de santé ou de leur situation personnelle.
Les employeurs doivent donc adapter leurs mesures de prévention, en lien avec la médecine du travail, afin de tenir compte des besoins spécifiques de ces salariés, notamment des femmes enceintes ou des personnes particulièrement exposées aux risques liés à la chaleur.
Ils doivent également définir et communiquer les procédures permettant :
- de signaler tout symptôme préoccupant ou toute situation de détresse ;
- d’organiser rapidement les secours ;
- d’assurer une surveillance adaptée des salariés isolés ou éloignés.
Canicule en entreprise : quels outils pour suivre les alertes ?
Pour accompagner les employeurs dans la gestion des épisodes de chaleur, plusieurs ressources sont disponibles.
Le site Plus frais au travail met à disposition des informations pratiques sur la prévention des risques liés aux fortes températures.
Par ailleurs, Météo-France publie des cartes de vigilance actualisées au moins deux fois par jour afin de permettre aux entreprises d’anticiper les situations à risque.
Vigilance orange ou rouge : quelles solutions en cas de réduction ou d’arrêt de l’activité ?
Lorsque les conditions météorologiques rendent le travail difficile ou impossible, certaines entreprises peuvent être amenées à réduire temporairement leur activité ou à la suspendre.
Dans ce contexte, plusieurs dispositifs peuvent être mobilisés.
La récupération des heures perdues
Les entreprises peuvent demander à leurs salariés de récupérer les heures perdues dans les douze mois suivant leur interruption.
Cette récupération reste encadrée et ne peut, en principe, augmenter la durée du travail de plus d’une heure par jour ni de plus de huit heures par semaine.
Le recours à l’activité partielle
En cas de vague de chaleur exceptionnelle entraînant une réduction ou une suspension temporaire de l’activité, les employeurs peuvent solliciter le dispositif d’activité partielle au titre des circonstances exceptionnelles.
La demande doit être déposée dans les trente jours suivant la mise en activité partielle des salariés via la plateforme dédiée.
L’entreprise doit être en mesure de démontrer que la vague de chaleur affecte directement son activité et présente un caractère imprévisible, irrésistible et extérieur.
Le dispositif chômage-intempéries dans le BTP
Les entreprises du bâtiment et des travaux publics confrontées à une interruption de chantier en raison d’une période de canicule peuvent recourir au régime de chômage-intempéries.
Elles versent alors à leurs salariés une indemnité correspondant à 75 % du salaire horaire brut et peuvent bénéficier d’un remboursement partiel de ces sommes.
Ce qu’il faut retenir
Protéger les salariés contre les fortes chaleurs constitue aujourd’hui une obligation essentielle en matière de santé et de sécurité au travail. L’évaluation des risques, l’adaptation de l’organisation du travail et la mise en place de mesures de prévention adaptées permettent de limiter les conséquences des épisodes de chaleur intense sur les collaborateurs et sur l’activité de l’entreprise.
Les équipes CPA accompagnent les dirigeants dans l’analyse de leurs obligations sociales, l’évaluation des risques professionnels, la mise à jour du DUERP et la sécurisation de leurs pratiques RH afin de garantir leur conformité aux évolutions réglementaires.














