Bonne nouvelle pour les entreprises confrontées aux impayés : la procédure d’injonction de payer évolue afin de gagner en rapidité et en efficacité.
Lorsque le recouvrement amiable échoue — après relances et mise en demeure — cette procédure judiciaire permet d’obtenir rapidement une décision de justice obligeant le débiteur à régler sa dette.
Un récent décret vient en simplifier les délais et sécuriser son exécution.
Référence : Décret n° 2026-96 du 16 février 2026, JO du 17 février.
Rappel : comment fonctionne la procédure d’injonction de payer ?
La procédure d’injonction de payer est une voie judiciaire simplifiée, particulièrement adaptée aux créances certaines, liquides et exigibles (factures impayées, loyers, prestations de services, etc.).
Le créancier doit adresser une requête :
- au Tribunal de commerce pour les litiges entre commerçants,
- ou au Tribunal judiciaire dans les autres cas,
dans le ressort où le débiteur est immatriculé ou domicilié.
Si la demande est jugée fondée, le juge rend une ordonnance d’injonction de payer. Cette ordonnance doit ensuite être signifiée au débiteur par un commissaire de justice. À défaut de paiement, elle permet d’engager des mesures d’exécution forcée (saisie).
Les 3 évolutions majeures de la réforme 2026
Délai de signification réduit : 3 mois au lieu de 6
Premier changement structurant : le délai pour notifier l’ordonnance au débiteur est réduit.
Avant : 6 mois
Désormais : 3 mois
Objectif : accélérer la mise en œuvre de la procédure.
Attention stratégique : si l’ordonnance n’est pas signifiée dans ce délai de 3 mois, elle devient caduque. Les créanciers devront donc être particulièrement vigilants dans le suivi de leurs dossiers.
Information du créancier en cas d’opposition du débiteur
Après signification, le débiteur dispose d’un délai d’un mois pour :
- soit payer,
- soit former opposition s’il conteste la créance (existence ou montant).
Nouvelle avancée importante : sauf devant le tribunal de commerce, le greffier informera désormais le créancier de cette opposition dans un délai d’un mois.
Auparavant, le créancier pouvait attendre indéfiniment une convocation à une audience de conciliation, générant incertitude et perte de temps.
Cette information formalisée permet désormais au créancier d’anticiper rapidement un contentieux classique et d’adapter sa stratégie juridique.
Exécution facilitée en l’absence d’opposition
Troisième évolution majeure : la clarification des délais d’exécution.
Si, dans un délai de 2 mois après la signification de l’ordonnance, le créancier ne reçoit aucune notification d’opposition, il peut engager directement les mesures d’exécution forcée.
Concrètement :
- plus besoin d’attendre un retour du greffe,
- réduction des délais de traitement,
- accélération du recouvrement.
Cette mesure renforce l’efficacité opérationnelle du dispositif, notamment pour les PME dont la trésorerie dépend fortement des délais de paiement.
À partir de quand ces règles s’appliquent-elles ?
Ces nouvelles dispositions concernent les ordonnances d’injonction de payer rendues à compter du 1er septembre 2026.
Ce qu’il faut retenir pour les entreprises
Cette réforme va dans le sens :
- d’un recouvrement plus rapide des factures impayées,
- d’une meilleure visibilité procédurale pour le créancier,
- d’une sécurisation des délais d’exécution,
- et d’un renforcement de la protection de la trésorerie des entreprises.
Dans un contexte où la gestion du poste clients est stratégique, cette évolution constitue un levier juridique à intégrer dans toute politique de prévention des risques d’impayés.














